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samedi 16 juin 2018

bad poems #9

réalité: une série d'haikus 

I
il y a un an
pendant quelques jours en mai
je me sentais un peu

II
ou même complètement
détachée et débranchée
d'une réalité

III
que j'étais censée
comprendre. c'était à malia
je dormais peu et

IV
buvais un peu trop.
(mais genre pas excessivement – 
pas comme le garçon

V
qui m'a offert
du tequila à six heures
du mat'. pas comme ça

VI
mais plus que normal.
normalement je bois quelques
fois par an mais là

VII
c'était un peu tous
les jours. enfin bref) j'étais
fatiguée. et donc

VIII 
la réalité sentait
différente. comme un rêve ou
peut-être un film que

IX
je regardais sur
un iPod ou un écran
de télé d'avion

X
de quelqu'un plusieurs
rangs devant moi sur un vol
de genève à chine.

XI 
ou sinon j'étais
la pilote d'un gundam, comme
dans pacific rim

XII
de toute façon
je me sentais pas moi-même
heraklion était 

XIII
flou et mécanique.
aujourd'hui, un an plus tard,
je me sens encore

XIV
irréelle. pourquoi
je ne sais pas. ce matin: 
bonne humeur. pas triste.

XV
je dansais dans ma
chambre puis je suis allée à
george street social pour

XVI
manger et bosser
j'ai bu un latté et vers
quinze heures trente, seize heures

XVII
soudainement j'étais
épuisée. je pensais que
c'était le café

XVIII
donc j'ai acheté un
autre. (mais un petit, pas grand)
inutile. je me

XIX
sens différent que
l'autre fois. cette fois c'est pas
moi la détachée

XX
mais le monde entier.
comme quand le son et l'image
dans un film pirate

XXI
ne sont pas ensembles,
pas synchronisés. comme si
rien là n'est réel.

XXII
je sais qui je suis
mais c'est tout ce que je sais
après une semaine

XXIII
de tristesse et de
moments dépressifs où je
n'arrive pas à me

XXIV
bouger, peut-être que
c'est un effet secondaire
comme – genre j'sais pas dire

XXV
en français mais en
anglais c'est aftershock. peut-
être que demain je

XXVI
serais de nouveau
normale. au moins motivée.
au moins sentant plus 

XXVII
que du rien du tout
plus comme un être humain. bref
ce poème est trop long

XXVIII
mais même après tout
ça je me sens toujours comme
si je revais. dans

XXIX
une semaine je vais
être chez moi donc c'est presque
la fin. j'ai trop hâte.

dimanche 24 décembre 2017

interview avec moi-même

q: comment espères-tu être dans l'année 2018?
r: ah. j'ai déjà fait un p'tit meme sur cette question, mais en fait j'ai un peu plus à ajouter.

d'abords, j'aimerais continuer à lire et à écrire et à regarder des films. j'ai des amis vraiment cools à l'université et j'aimerais faire encore plus d'amis cools avec lesquels je pourrais embarquer sur des aventures. j'aimerais découvrir oxford un peu plus: les rues, les cafés, les pubs... et vraiment apprécier la vie quoi! et devenir un peu plus saine, physiquement (plus de fruits, un peu de yoga), et aussi mentalement. même si on dit que l'hiver est pire en janvier et février, j'espère avoir moins de crises! j'suis pas sure comment je vais balancer mes études avec ma vie hors d'études parce que le semestre passé j'ai pas fait grand chose apart travailler pour l'uni et dormir. je vais devoir aussi mettre un peu de temps à côté pour m'entrainer en chinois (lire un livre! ou un truc de traduction peut être) parce que j'ai peur de tout oublier. ah, et moins de réseaux sociaux.

et ça fait assez longtemps que j'ai pas fait un shopping spree. j'ai hâte d'acheter des fringues quand le kilo vintage sale arrivera à oxford. j'aimerais vraiment inhabit my pretentious pseudo-intellectual indie artsy kid vibe en m'habillant un peu plus preppy parfois, avec des polos, du tartan, des cardigans, des pulls (!!!), et j'sais pas comment dire en français mais des buttons-downs. perles. et toujours plus de jumpsuits!

ok en fait j'ai la flemme de continuer donc voilà

mots

après avoir lu un livre pendant quelques heures, assise sur le canapé ou une chaise dans une position pour laquelle la jiaqi de 70 ans ne me remerciera pas, je trouve souvent que les mots sur la page commencent à flotter. ils se détachent de la page et se rapprochent de mes yeux, devenant de plus en plus grands. dans ce moment, j'ai un peu mal à la tête et je me sens toute petite face au poids de ces lettres noirs et étranges. des mots venant d'une langue étrangère qui, a un moment donné pendant mon enfance, a envahi ma vie. l'anglais habite dans chaque coin de ma vie et de mon cerveau et il refuse de partir. une colonisation culturelle.

maintenant que j'étudie à oxford, je me sens perdre mon francais de plus en plus. pendant la moitié d'octobre et tout novembre, j'amenais mémoires d'hadrian de marguerite yourcenar presque partout, moitié pour lire et me convaincre que je suis toujours francophone, moitié pour sembler cool au cas où on m'observe, petite chinoise qui parle couramment le français. après un mois et demi j'avais à peine lu 50 pages. yourcenar, c'est pas pour finir vite fait et recevoir un sentiment d'accomplissement! je pense que je vais devoir recommencer parce que parfois je commence à penser à autres choses en lisant, et je me trouve au milieu d'un paragraphe sans savoir comment j'y suis arrivée.

enfin bref. après avoir lu en anglais pendant très longtemps je dissocie un peu et je me demande comment j'ai permis l'anglais à me conquérir avec tant de totalité. je deviens dégoutée par la page devant moi; chaque mot représente une nausée construise de ings et de fuls. mais j'arrive pas à arrêter.

lundi 15 mai 2017

j'adore

j'adore le soleil et le son d'oiseaux dans les branches
j'adore les rideaux blancs qui scintillent avec de la lumière
j'adore quand le vent siffle à travers les feuilles et les rideaux se gonflent comme des femmes enceintes, comme dans gatsby quand nous rencontrons daisy pour la première fois
j'adore avoir les portes toutes ouvertes
j'adore l'effroi qu'on sent quand il y a un courant d'air et toutes les portes et fenêtres se ferment soudainement, un grand clac qui s'étouffe avec joie et chaleur
j'adore la fin du printemps et le début de l'été, quand la bise a arrêté de souffler et quand tout est paisible, il ne fait ni trop chaud ni trop froid, j'ai l'impression que tout est parfait et que je ne peux plus jamais être triste dans toute ma vie

j'adore le mot j'adore, quand on était à ovronnaz il y avait une grand-mère dans l'ascenseur une fois, elle portait son petit-fils dans ses bras, elle lui souriait et lui disait, je t'adore, je t'adore, dans une voix toute douce, et il souriait aussi, c'était comme le soleil

dimanche 5 mars 2017

Hélas, sans titre!

Le pire c'est le fait que récemment une grande partie de mes fautes en maths c'est à cause de l'arithmétique! Au lieu de faire -3 fois -16 je fais -3 plus -16 ou je mets x comme y et y comme z et z comme x!! C'est comme les SAT l'année passé quoi.

En plus je viens de rechercher la conjugaison du verbe mettre. C'est comme si les choses les plus simples de la vie que j'avais appris quand j'était petite partent. Remplacées par quoi? Des truc machins cartésiens en trois dimensions? Des numéros invisibles? C'est pas comme si je serai ingénieur. Mais quand même le maths c'est beau. C'est dur mais c'est beau.

Un autre truc hyper frustrant c'est que de plus en plus la ligne verticale qui clignote pour montrer où t'es en train de taper tes mots sur Blogger a arrêté de clignoter. Quand je clique autre part elle ne bouge plus. Donc en fait j'arrête pas de taper des mots dans les endroits où ils sont pas censés être.

J'ai l'impression d'être hypochondriaque. Est-ce que c'est le même mot en Français qu'en Anglais? Bref, je vais présumer l'affirmatif, car on m'a pas mit un trait rouge en dessous du mot quand je l'ai écrit. La semaine passée je suis allée à l'orthodontiste et on m'a dit que je devais enlever mes dents de sagesse. Il n'y avait pas encore un problème, mais il y aurait dans le futur. (Wouah, je viens d'utiliser le futur antérieur, non? #Sophistication...) Mais toute la semaine passée j'avais la sensation que ma dent de sagesse d'en haut à gauche commençait à ressortir. Le mercredi ou jeudi en mangeant mon dîner une partie de ma gencive commençait à avoir mal. Enfin, pas mal... mais j'étais hyper consciente de sa présence. Et c'était comme ça pendant toute la journée vendredi. J'étais sûre qu'elle allait sortir. Mais là c'est dimanche et je ne sens plus rien. Tout est retourné au normal. (à normal? au normal?)

J'allais écrire plus sur le fait que mon corps a toujours mal quelque part mystérieux pour des courts moments, mais ça me soule de continuer d'écrire, il faut que je retourne à mes exercices de maths. Peut-être un jour l'histoire de mes peines inconnues sera racontée...

Je viens de me rappeler du fait qu'en janvier 2015 j'suis allée acheter Le petit prince et j'ai fait une vidéo où j'ai traduit le début en Anglais genre, simultanément quoi. Je voyait en Français et je parlait en Anglais. Je me demande si j'ai toujours la vidéo, mais j'ai la flemme d'aller chercher. C'était assez cool quoi. J'aimerais bien devenir traductrice. Je pense pas pouvoir faire Anglais-Français parce que j'ai pas assez d'expérience littéraire en Français, mais Français-Anglais j'suis pas mal.

Nombre de fois que j'ai utilisé Google Translate pour trouver un mot en Français depuis l'Anglais: 2

vendredi 3 mars 2017

Odorat

Hier soir en sortant du cours de Chinois je me suis rendu compte que toute la rue sentait la menthe fraîche, comme du thé marocain. Après quelques pas l'odeur a changé et est devenu quelque chose de sucré et doux, comme du yaourt à la cerise. C'était bien.

jeudi 19 janvier 2017

Bad Poems #4

Gravure: une série de haikus

I
Vernis à graver
On a écrit en dessous:
Satiné lamour

II
Odeur: une mixture
Térébenthine et Coca. 
Comme dans mon enfance.

III
Mes cours de peinture;
Le Coca un peu rassis
Moins frais, moins de bulles.

IV
Doucement sucré
Un après-midi dehors
Ou comme une sucette.

V
Pas Américain.
Carambar au goût Coca.
Plat, et noir profond.

VI
Pinceaux différents
Boucles d'or a demandé
Trois. Pas assez doux. 

VII
Vieille térébenthine 
Et de la peinture à l'huile
Un mélange toxique.

mardi 10 janvier 2017

le français

J'ai récemment lu plusieurs articles qui parlent du sentiment spécial d'écrire dans une langue qui n'est pas la langue maternelle. Yiyun Li et Xiaolu Guo, deux écrivaines chinoises dans des articles pour le New Yorker et le Guardian respectivement, ainsi que Giannina Braschi, d'origine puerto-ricaine, disent que écrire en Anglais (au lieu du Chinois et de l'Espagnol/Spanglish), donne un aspect libérant et fondamentalement différent comparé à leur langue maternelle.

Le Français n'est pas une langue étrangère. Je refuse de le considérer comme ça. J'ai appris le Français avant d'avoir appris l'Anglais. À l'âge de quatre ans on m'a jeté dans l'endroit le plus profond de la piscine (enfin, j'suis aussi allé au jardin d'enfants... donc, l'âge de deux ou trois ans. Mais j'ai commencé la première enfantine en septembre 2003. Le moment "officiel" après lequel je devais vraiment devenir francophone) et j'ai appris le Français en quelques mois. Je ne me rappelle pas beaucoup de ce temps, évidemment, car j'étais petite. La barrière linguistique fait que les souvenirs sont plus flous que normal –– plus que si je comprenais la langue qu'on parlait autour de moi.

Quand j'écris tout cela j'ai quand même l'air d'en train d'écrire en Franglais. Le syntaxe, peut-être. J'ai ouvert une vidéo de maths sur YouTube en cherchant la réponse à une question, et le prof était québécois. Son accent était horrible. Désolé, mais c'est vrai. Si mon Français détériore tellement que je commence à avoir le vocabulaire et l'accent d'un québécois, j'arrêterais le Français complètement. Mon Français est nul, nul, nul, nul. En théorie, j'en parle couramment. Mais en pratique, c'est pas très impressionnant. Je comprends mais mes réflexes sont lents, car ils manquent d'expérience. J'arrive pas à participer dans une conversation. Je parle en Français avec mes amis chinois, mais c'est pas la même chose. Même si on parle la plupart du temps en Français, c'est comme si le prospect –– la possibilité –– que je pourrais parler en Mandarin si nécéssaire me protège. Le Mandarin, dans cette situation, est comme un matelas sur lequel je peux atterrir si je tombe.

Je vais essayer d'écrire plus en Français. Mon problème principal à l'écrit: le vocabulaire. (Et ma conjugaison est pire que je pensais.) Mon problème principal à l'orale: le manque d'expérience.

Je n'ai pas de vraie langue maternelle. Ma langue littéralement maternelle, celle que parle ma mère, est le Mandarin. Ma langue préférée, celle dans laquelle je suis plus comfortable –– sans doute, l'Anglais. Le Français est la langue de mon pays, de mon environnement. Je la perd(s) (?) tous les jours.


Le nombre de fois que j'ai utilisé Google Translate comme dictionnaire Anglais-Français: 3
Cool. C'est beaucoup moins que normal. J'ai vraiment fait un effort cette fois.